Groupe de travail "Recensement des goélands nicheurs de Lorient Agglomération - printemps 2020"

La rade de Lorient, une zone humide d’importance internationale

Les effectifs d’oiseaux d’eau (dont les goélands) de la Rade de Lorient dépassent, certaines années, le seuil de 20 000 individus. Ceci en fait une zone humide d’importance internationale pour la conservation des oiseaux d’eau au titre de la convention RAMSAR .

La rade de Lorient est également classée, pour partie, en Zone de Protection Spéciale (ZPS) « Rade de Lorient » au titre de la directive européenne « Oiseaux » qui vise la protection et la gestion des populations d'espèces d'oiseaux sauvages (oiseaux, nids, œufs et habitats) en tenant compte des mouvements migratoires des oiseaux et de la nécessité d'un travail transfrontalier. Lorient Agglomération est opérateur Natura 2000 pour ce site depuis 2006. Une chargée de mission Natura 2000 s’occupe de l’animation du site et de l’appui aux porteurs de projets.

Cela confère une forte responsabilité de Lorient Agglomération pour la conservation des oiseaux d’eau sur son territoire. Les objectifs de conservation peuvent être atteints par :
•    De l’acquisition de connaissances sur les espèces et les milieux,
•    Des actions de gestion des milieux naturels,
•    Des études et actions visant à limiter les impacts négatifs des activités humaines sur les populations d’oiseaux.

Les goélands des espèces protégées

4 espèces de goélands sont présentes sur le territoire de Lorient Agglomération : Goéland argenté, brun, marin et leucophée. Ces 4 espèces sont protégées en France depuis 1962 et inscrites à l’annexe II de la directive européenne « Oiseaux » (Plus d'information sur les espèces dans les cahiers d'habitats du goélands marin et du goéland brun).

Goéland argenté (© Bernadette Coléno)Goéland brun (© Bernadette Coléno)Goéland marin (© Bernadette Coléno)

De gauche à droite : goéland argenté, goéland brun, goéland marin (© Bernadette Coléno)

Les goélands s’installent dans des habitats très diversifiés pour la reproduction. Historiquement confinés aux îles et îlots marins, ils ont progressivement colonisé d’autres milieux littoraux (falaises, marais, etc.). Puis, ils ont encore diversifié leurs habitats en s’installant sur les toits en ville (Cadiou, 2009). Le succès de reproduction des goélands en milieux urbains est supérieur (prédation plus faible notamment) à celui en milieux naturels (Cadiou, 1997, Cadiou, Yésou et al. 2019).

Une nette régression des populations a eu lieu pendant la deuxième moitié du 19ième siècle du fait des prélèvements d’origine humaine (consommation d’œufs, utilisation des plumes, chasse, taxidermie (Henry et Monnat, 1981). La recolonisation recommence à partir des années 20 avec un accroissement considérable des populations de goélands argentés du Nord Pas de Calais à la Gironde. En 1960, la taille des populations de goélands argentés redevient équivalente à celle du début du 19ième siècle.

Téléchargez le rapport "Les dynamiques de populations des Goélands argentés et leucophées en France" - Evolution des effectifs sur les territoires d’étude : la région Bretagne et la ville de Lorient, la région Languedoc-Roussillon et la ville de Sète. Bretagne Vivante, 2019. 174p.

Lorient Agglomération – 1ère colonie de goélands nicheurs de France

Plusieurs études sur les goélands ont été menées sur le territoire de Lorient Agglomération dont un recensement des colonies de goélands urbains nicheurs de l’agglomération lorientaises sur les communes de Lorient, Lanester et Caudan (Téléchargez le rapport 2012). Nombre maximum de couples, 4 espèces confondues, inventoriés sur les 9 communes présentant :

  • des indices de nidification avérés : Lorient (2 746 couples en 2012), Lanester (342 couples en 2012), Caudan (148 couples en 2012), Port-Louis (26 couples), Ploemeur (quelques couples de 2014 à 2019), Larmor-Plage (au moins un site de nidification), Groix (1 couple en 2017).
  • des indices de nidification possible : Gâvres, Locmiquélic.

Dans les années 80, un premier couple a été recensé en milieu urbain à  Lorient. En 2012, l’ensemble des 4 espèces de goélands nichant au sein des communes avoisinant la Rade de Lorient, constitue la plus grande colonie de reproduction de France, milieux naturels et urbains confondus. Depuis 1999, les effectifs sont supérieurs à 1% de la population nationale de goélands ce qui confère une responsabilité nationale à la ville de Lorient et à Lorient Agglomération pour la conservation des populations de goélands.

Carte de recensement des goélands nicheurs en 2012 (Fortin, et al, 2013)

Carte de recensement des goélands nicheurs en 2012 (Fortin, et al, 2013) sur les communes de Lorient, Lanester et Caudan. (Les chiffres correspondent au n° de secteur de dénombrement. La taille des cercles au nombre de couples de goélands nicheurs dénombrés)

D’après le dernier recensement complet (2012), sur le territoire de la ville de Lorient, le Goéland argenté est largement majoritaire puisqu’il représentait 92 % des effectifs toutes espèces confondues (Fortin et al., 2013). Les autres espèces présentent des populations plus faibles.

Fortes interactions entre goélands urbains et activités humaines

La présence de goélands en milieu urbain engendre des difficultés de cohabitation entre les goélands et les usagers liées à 3 principaux types de nuisances : le bruit, les salissures liées aux déjections et les dégradations des toitures. Si les nuisances sont surtout ressenties pendant la période de reproduction, les goélands sont présents dans les villes toute l’année. Les goélands participent aussi à l’animation de la ville (paysage et ambiance sonore). Les goélands interfèrent également avec les exploitations agricoles (alimentation dans les élevages), conchylicoles (dégâts sur bouchots de moules), problème de sécurité sur les aéroports… Les nuisances conduisent pour bon nombre de cas à la mise en œuvre de mesures pour les réduire par actions directes (stérilisation, effarouchement) ou indirectes sur les goélands (limitation de l’accès à la ressource  alimentaire, sensibilisation…) (Cadiou et al., 1997).

Demande de dérogation pour perturbation intentionnelle d’espèce protégée

Les perturbations intentionnelles d’une espèce protégée (destruction d’habitat, dérangement, stérilisation, effarouchement…) sont soumises à des demandes de dérogations portant sur des espèces  protégées. Les dossiers sont instruits par la DDTM56 qui est garante de la préservation des populations des 4 espèces de goélands à long terme. Les détenteurs d’un arrêté de dérogation espèces protégées sont notamment tenus de fournir aux services de l’Etat des études de suivis des goélands.

Etude préalable : état de la connaissance du fonctionnement des populations de goélands nicheurs sur le territoire de Lorient agglomération – proposition de protocoles de suivis

Au dernier trimestre 2019, la Direction environnement et développement durable (DEDD) de Lorient Agglomération a piloté et confié à l’association Bretagne Vivante une étude préalable au recensement des populations de goélands nicheurs à l’échelle de la Rade de Lorient. Objectifs : faire le point sur les connaissances existantes concernant les goélands, définir des protocoles de recensement et de suivis à mettre en œuvre dès le printemps 2020.

Les premiers résultats de cette étude sont livrés et font l’objet d’un rapport intermédiaire « Etude préalable : état de la connaissance du fonctionnement des populations de goélands nicheurs sur Lorient agglomération ».

Recensement des goélands nicheurs de Lorient Agglomération - printemps 2020

Il est proposé de mener le recensement global de la population de goélands en milieux urbains et naturels très proches des sites urbains (île saint-Michel et îlot souris), au printemps 2020 (mois de mai et juin), sur l’ensemble des communes pour lesquelles les indices de nidification sont avérés, soit 7 communes. L’analyse inclura, en sus des données collectées, les données de nidification sur la côte sauvage de Groix collectées par la réserve naturelle François Le Bail.

Pour ce faire un groupe de travail « Recensement des goélands nicheurs de Lorient Agglomération - printemps 2020 » se réunira entre le 9 et le 13 mars 2020, avec pour objet :
•    Présentation des résultats et propositions intermédiaires de l’« étude préalable »,
•    Présentation des démarches déjà engagées par les porteurs de projet,
•    Collecte des données nécessaires aux études scientifiques,
•    Définition collective des modalités du recensement coordonné.

Travaux de recherche sur sur la perception des goélands en ville

Matiline Paulet est actuellement doctorante au laboratoire Géoarchitecture de l’Université de Brest. Elle a développé un projet de recherche financé par la Fondation de France et en partenariat avec Bretagne Vivante. Elle étudie la nidification des Goélands argentés et leucophées en milieu urbain et les conflits entre les citadins et les goélands dans les villes de Lorient (56) et de Sète (34) à travers une analyse comparative et une recherche associant et confrontant différentes disciplines. Article de l'espace des sciences sur ce projet de thèse qui aboutira à l'automne prochain.

Des goélands gênants | Espace des sciences

En 2017, l’Observatoire des goélands de Lorient a recensé 198 nids de goélands argentés, bruns et marins établis sur les 22000 m2 du toit du blockhaus K3...

www.espace-sciences.org

Observatoire des goélands de la ville de Lorient

La ville de Lorient a déjà mené de nombreuses actions concernant les goélands. Vous pouvez en découvrir quelques une via les liens ci-dessous :