Recensement de la population de goélands nicheurs à l’échelle de Lorient Agglomération

Transmettez vos observations

Des espèces protégées

Les 4 espèces de goélands que vous pouvez observer sur le territoire de Lorient Agglomération sont protégées depuis 1962 (Articles L. 411-1 à L.411-5 et Arrêté du 17 avril 1981 modifié fixant les listes des oiseaux protégés sur l’ensemble du territoire et inscription à l’annexe II de la directive européenne « Oiseaux »).

Goéland argenté (© Bernadette Coléno)Goéland brun (© Bernadette Coléno)Goéland marin (© Bernadette Coléno)Goéland leucophée © Bernadette Coléno
De gauche à droite : Goéland argenté, Goéland brun, Goéland marin, Goéland leucophée (© Bernadette Coléno)

Doués d’une forte capacité d’adaptation, les goélands qui nichaient sur les îles et îlots ou sur les falaises littorales se sont déplacés spontanément en milieu urbain, d’abord pour s’y nourrir, puis finalement pour s’y reproduire. Le succès de reproduction est meilleur en ville, en effet, le nombre de jeunes arrivant jusqu’au stade de l’envol est plus élevé qu’en milieu naturel.

Le Goéland argenté est classé comme espèce vulnérable en France par l'Union Internationale de la Conservation de la Nature (UICN) car c'est une espèce dont les effectifs déclinent fortement. Le nombre de couples en milieu naturel diminue très rapidement. En milieu urbain, il augmente depuis les années 1980 laissant penser que cette espèce augmente. Mais le bilan final (milieu naturel et milieu urbain réunis) indique bien une baisse globale des effectifs.

Les 4 espèces de goélands nichant au sein des communes avoisinant la Rade de Lorient, constituent la plus grande colonie de reproduction de France, milieux naturels et urbains confondus. Depuis 1999, les effectifs sont supérieurs à 1% de la population nationale de goélands. Ce patrimoine naturel exceptionnel à l'échelle de la France confère une responsabilité nationale à Lorient Agglomération et aux communes pour la conservation des populations de goélands.

Cycle biologique des goélands © Bretagne Vivante

Cycle de reproduction des espèces de goélands

La période de reproduction et d’élevage des jeunes peut s’étaler d’avril à août. En avril/mai, la femelle pond deux ou trois œufs, dans un nid préalablement construit, qui seront couvés entre 28 et 30 jours. L’envol des jeunes s’effectue entre cinq et sept semaines après l’éclosion. La fin de la nichée s’opère généralement au plus tard au mois d’août. Il existe des décalages entre les calendriers de reproduction du milieu naturel et du milieu urbain. La reproduction en milieu urbain est légèrement plus précoce.

Des espèces insérées dans un écosystème

Chaque espèce joue un rôle dans la chaîne alimentaire et dans l'écosystème. Les goélands ont une réelle utilité écologique, ce sont des "nettoyeurs/éboueurs". Ces oiseaux, charognards et détritivores, consomment des animaux morts ou détritus consommables notamment sur les bords de mer. En ville, ils sont notamment capables de consommer des rats, pigeons ou autres animaux morts. Ils sont également en compétition avec les rats sur la ressource alimentaire, limitant leur développement.

Si la présence de goélands en ville peut parfois occasionner des perturbations du cadre de vie … :

  • Bruit : le niveau des émissions sonores peut apparaître parfois élevé au moment de la nidification, et particulièrement pendant l’élevage des jeunes ;
  • Salissures sur les toitures, façades, trottoirs, monuments, véhicules et passants, liées aux déjections et au transport de matériaux pour la construction des nids ;
  • Eventuellement, vols d’intimidations à l’égard des passants s’approchant des nids ou des poussins.

Rappel : la principale cause de stabilisation et de nidification des goélands en ville est l’accès à des ressources alimentaires dues aux activités humaines.

… les désagréments liés notamment aux nichées peuvent être limités en appliquant les recommandations suivantes :

1. Les oiseaux ne doivent pas être nourris.

Goéland argenté ouvrant un sac poubelle © Bretagne VivanteEn effet, les goélands s’installent majoritairement à proximité des sources de nourriture, il est donc nécessaire de veiller à :

  • Ne pas les nourrir directement. Il est interdit de jeter ou déposer des graines ou de la nourriture pour y attirer les animaux errants ou sauvages. Cette interdiction relève du règlement sanitaire départemental, téléchargeable sur le site de la Préfecture du Morbihan.
  • Privilégier, si possible, la dépose des sacs poubelles dans les conteneurs prévus à cet effet et non directement sur le trottoir. Les goélands peuvent éventrer les sacs pour y trouver les restes d’aliments qui les intéressent.

2. Des actions complémentaires peuvent être envisagées sur les toitures présentant des nichées pour les rendre inaccessibles aux goélands :

Toutes les espèces de goélands et de mouettes sont protégées en France. La destruction ou l’enlèvement des œufs ou des nids, la destruction, la mutilation, la capture et la naturalisation des spécimens sont interdits.

Cependant, des interventions préventives peuvent être réalisées sur les toitures avant l’installation de nouvelles nichées :

  • Retirer les matériaux de construction facilement disponibles ou réutilisables pour la confection de nids,
  • Rendre inaccessible les lieux grâce à la pose de picots, filets, rubans ou de ballons, ou grâce à l’utilisation de répulsifs ou d’un système d’effarouchement sonore…

S’agissant du domaine privé des résidences, ces travaux sont du ressort des propriétaires ou des syndics des copropriétés. Tous travaux (y compris le nettoyage des toitures, terrasses et gouttières) sur des toitures accueillant des nids de goélands doivent être réalisés entre le 1er septembre et le 28 février, au plus tard. Les travaux/interventions pendant la période de reproduction sont interdits sauf après obtention d’une dérogation pour perturbation intentionnelle d’espèces protégés.

Campagne de stérilisation des nids de goélandsOeufs de goélands dans un nid © Bretagne Vivante

Ces interventions consistent à badigeonner les œufs d’huile de colza pour les rendre stériles. Elles ne peuvent être menées que par les municipalités ou autres organismes ayant obtenu un arrêté de dérogation de perturbation intentionnelle d’espèces protégées délivré par la Direction Départementale  des Territoires et de la Mer du Morbihan (DDTM56).

L'objectif des opérations de stérilisation est :

  • De dissuader l’installation des goélands dans certains secteurs urbains par le biais d’échecs de la reproduction ;
  • De limiter les perturbations sonores, les salissures, les dégradations de toitures et les manœuvres d’intimidation des goélands envers les personnes.

En milieux naturels et dans les secteurs urbains où les gênes occasionnées sont acceptables, les nids de goélands sont protégés pour garantir la pérennité de la population de goélands.

Recensement des nids de goélands : une démarche coordonnée pour gérer la cohabitation hommes/goélands

Afin de mieux connaitre et de garantir la préservation des populations de goélands, et de préparer les demandes de dérogation nécessaires aux mesures préventives, un nouveau recensement de la population de goélands nicheurs a été réalisé en 2020, à l’échelle de Lorient Agglomération.

Cette étude a été confiée à l’association Bretagne Vivante, sous maîtrise d’ouvrage coordonnée de 10 organismes : Lorient Agglomération, villes de Lanester, Larmor-Plage, Lorient, Ploemeur et Port-Louis, Musée de la Marine, Naval Group, SEM Keroman et Basefusco.

Cet inventaire dresse un état des lieux de la situation concernant :

  • La taille de population nicheuse,
  • La distribution géographique au sein des territoires communaux engagés dans la démarche,
  • Le recensement des éventuelles gênes que cette présence peut induire

En 2021, de nouveaux recensements sont réalisés à l'échelle de la commune de Lorient par Lorient Agglomération, la ville de Lorient, Naval Group et la SEM Keroman.

La société ABdrone-Atome studio a été missionnée par Lorient Agglomération et la SEM Keroman pour prendre des photos par drone du mardi 25 au dimanche 30 mai 2021 sur les secteurs de Lorient La Base et du Port de Pêche. Des ornithologues de l’association Bretagne vivante réaliseront des observations pendant le survol pour évaluer le dérangement occasionné par le drone, pour le compte de Lorient Agglomération. En cas, de perturbations de la colonie, les hauteurs de vols seront ajustées. Cela sera également l’occasion de relever les bagues d’identification et de compter les œufs et les poussins sur le toit du K3 Lorient La Base.

En complément des comptages réalisés par des ornithologues professionnels, toute personne ayant observé un site de nidification de goélands en milieu urbain est invitée à renseigner ses observations grâce à un formulaire en ligne.

Transmettez vos observations

Le signalement ne donnera pas systématiquement lieu à une intervention mais nous permettra de vous informer sur les consignes à respecter et les bons gestes à adopter.

Les informations ont permis un travail d’expertise conjoint avec l’ensemble des 10 organismes impliqués afin d’envisager une stratégie de préservation et d’intervention.

Un document de synthèse a été rédigé en fin de mission et sera bientôt disponible en ligne. Il comprendra des recommandations de gestion basées sur le double objectif de respecter les obligations de préservation des espèces de goélands nicheurs et de réduire les perturbations avérées.

Vous pouvez obtenir des renseignements complémentaires sur :

  • la page Internet http://radedelorient.n2000.fr/GT_Goelands_nicheurs,
  • auprès des services municipaux des communes engagées dans la démarche,
  • auprès de Typhaine Delatouche, chargée de mission de Lorient Agglomération pour le site Natura 2000 Rade de Lorient.

Les demandes de dérogation pour perturbation intentionnelle d’espèces protégées sont à déposer auprès des services de la DDTM56, unité Nature Forêt Chasse, 1, Allée du Général Le Troadec BP 520 - 56019 VANNES CEDEX.

B. Lecture de bagues de goélands : Connaissances et compréhension du phénomène d’installation des goélands en ville

Goéland bagué dans le cadre du programme de baguage du Golfe de Gascogne (c) Bretagne Vivante

Goéland bagué dans le cadre du programme de baguage du Golfe de Gascogne (c) Bretagne Vivante

La connaissance de la biologie des oiseaux est grandement facilitée dès lors qu’ils sont identifiables individuellement. Ainsi plusieurs milliers de goélands ont été bagués du Morbihan à la Vendée, en milieu naturel mais aussi en milieu urbain. Le baguage consiste à poser une bague métal unique ainsi qu’une bague couleur. La bague couleur est lisible à distance à l’aide de jumelles, d’une longue-vue ou encore grâce au zoom de votre appareil photo. Le code est unique à chaque individu et composé d’un chiffre, du symbole « : » et de trois lettres. Exemple : 3:CSK.

Ce programme de baguage « Larus » initié par Bretagne Vivante et les LPO 44 et 85 permettra, sur le long terme, de mieux comprendre l’évolution des comportements de reproduction chez le goéland :

  • Quelle est la fidélité aux sites de reproduction en ville ?
  • Comment se dispersent les jeunes et les adultes entre les différentes colonies (urbaines et naturelles) au cours de l’année ?
  • Les jeunes nés dans les colonies urbaines nichent-ils à leur tour systématiquement en milieu urbain ?
  • Quelle est la survie pour les adultes et les jeunes en milieu urbain ?
  • Etc…

Les réponses apportées permettront d’alimenter la réflexion sur des orientations de conservation comme l’amélioration des conditions de reproduction en milieu naturel, mais aussi la place de la nature en milieu urbain et les moyens de cohabitation.